vendredi 16 novembre 2012

retour a la source

Vendredi 19 octobre

J'émerge du concert de la veille et vais à la cuisine de l'auberge me prendre un café pendant que je lance des pancakes. Je pars acheter quelques bricoles comme une nappe imperméable, des piles pour l'enregistreur, ... J'ai bien sur choisi la meilleure journée pour partir et c'est finalement sous une pluie battante que je lève les voiles.
douche froide pour le depart dans les bois

Un bout à pied pour sortir de la ville et une dame extrêmement gentille m'emmène un peu plus loin que sa destination. June habite harrop une ville sur la même rive que Nelson mais si éloignée que le seul moyen de s'y rendre par véhicule est de prendre une barge depuis l'autre bord. Elle va chercher son mari à la sortie du travail, il s'occupe de l'entretien des machines qui trimballent les arbres de la pépinière de harrop. Ce sont les même arbustes qui seront envoyés aux équipes de planteur d'arbre. Les tree planters, les saisonniers qui passent derrière les coupes à blanc forestières pour tenter de recréer une forêt après quelques années

June

l'embarquement pour le ferry qui traverse le lac kootenay dans la largeur, je reste sur la meme rive et continue vers le nord
June me laisse devant le ferry qui traverse le lac à balfour. De la, Ann une résidente de kaslo me fait monter à l'arrière de son van équipé handicapé. Judith me propose de me reprendre une heure plus tard pour m'emmener jusqu'à cooper creek mais j'espère bien trouver une ride avant. Merci Ann
Ann
Apres dix minutes, c'est une famille qui me fait une place au milieu du van, derrière kirkland joue à la gameboy. La famille vient de l'Alberta ou vivent les autres enfants, plus grand. Ils poussent les parents et le petit dernier à les rejoindre. Ils hésitent a partir car même s'ils adorent la nature, l'école risque de fermer à meadow creek, les emplois diminuent avec la coupe forestière qui a tourné en sur régime jusqu'à maintenant. Normal qu'il n'y ait plus de boulot, y'a plus d'arbres! D'autres discussions sur l'économie locale qui n'est pas florissante. Je remercie la petite famille qui me laisse sur duncan road, la piste qui m'emmène à l'embouchure  de glacier creek.
chevy, kirkland et gary
Ca y'est j'y suis, le cap de mon trip, allez voir les grizzlis, une phrase qui résonne depuis des mois dans ma tête, mais une phrase qui commence a s'effacer, personne n'est la pour me prendre par la main. C'est pas avec un tour operator que je pars. Je pars dans le bois pour me retrouver, etre un peu seul, experimenter loin de ma vie de citadin, voir à quoi ca ressemble et revoir Mike et storm ces deux vieux brigands de la montagne.
Finit l'asphalte, finit les gens, finit les voitures, je pars pour un 12km de marche vers le lac du même nom que la route. Le soleil décline derrière les nuages, un bon 16h30 passé, c'est déjà tard dans les rocheuses. Je penses à la nuit qui s'en vient et me souviens de platformes de planches brutes dans les arbres au bord du lac. Des construction sommaires mais hors sol, et ca me sauverait ma nuit. Après quelques kilomètres sous le crachin j'aperçois un vieux pickup cahotant venant vers moi. Je dis ou je me rend et le gaillard à la barbe grisaillante me dit que ça fait une trotte et me conseille un spot plat pas très loin qui fera l'affaire pour dormir. Impossible de trouver ce dont il me parlait, tous les champs sont trempés. Je me trouve encore en aval du barrage de la rivière duncan. Y'a bien ces sapins très denses ou je pourrais bivouaquer mais ça me tente pas non plus de remballer et replanter le lendemain plus loin. En route pour le village dans les arbres.
direction les bois!


la piste que je suis pendant 12km avant darriver au campement
J'entre dans la nuit et le silence de la montagne, quelques cris d'écureuils surpris à mon approche, un ruisseau par la, les gouttes d'eau qui ricochent sur mon imper. J'ai la flemme de changer les piles de ma frontale, je garde le peu de batterie pour le bois et marche à la lueur des nuages. Tout se schématise , comme si une croix découpait ma vision en aplats de couleurs, un  triangle gris en haut, un triangle gris foncé au sol et deux triangles noirs de part et d'autre du chemin. Les proportions changent quand je monte, descend, tourne. Flotch! À faire le malin j'ai mis le pied dans une flaque d'eau, merci de l'avertissement j'enclenche la lampe pour faire miroiter les flaques et pas me taper une entorse comme un bleubite. Après deux heures et demi à marcher seul dans le noir j'entends un grondement: ça y'est glacier creek tonne devant moi! Je passe le solide pont en bois et reconnais le chemin qui part sur la gauche vers le lac. Une pancarte marque glacier creek north recreation site. Je pénètre dans le labyrinthe, les sentiers ne sont pas entretenus et les feuilles mortes recouvrent le chemin. J'avance à taton entre les racines et les roches, je fais ressortir mes souvenirs pour m'orienter. Essouflé je pose mon sac rempli à gueule de bouffe, j'ai la bonne idée de me dire que j'irai plus vite à trouver le site. Et au bout de quelques minutes ça y'est j'aperçois des troncs attachés en hauteur entre les arbres. Certaines plateformes ne sont pas finies. Rien n'a l'air d'avoir bouger depuis les trois dernières années. Avec ma bonne idée un autre jeu prend la relève, retrouver mon sac, la boulette. Et les nouvelles batteries sont dedans. Bah après un moment je le retrouve bien sur ça fait partie du fun! Après une nouvelle recherche du site (décidément il est vraiment bien planqué, j'aurai pu faire comme le petit poucet!) je choisis l'abris le mieux protégé par les arbres, au cas ou il se remette a pleuvoir fort. je nettoie les planches de la flotte et comble les interstices de la plateforme avec d'autres planches qui traînent parterre. La tente passe parfaitement entre les troncs. Je sais pas si y'a des bêtes qui descendent dans le coin mais d'être en hauteur me rassure pas mal. Je laisse quand même ma bouffe dehors des fois que. 21h30 extinction des bougies dans l'humidité et le vent qui souffle en rafale depuis le lac, mais dans le sac de couchage on est pas si mal, je me dis que c'est complètement fou d'avoir retrouvé cet endroit de nuit 3ans après, whouhou je suis dans le bois!
le barrage du lac duncan

je trouve enfin les plateformes dans les bois

Je me réveille plusieurs fois au cours de la nuit, le froid et la pluie me tirent du sommeil, je balance la couverture de survie et resserre les cordons de mon sarcophage. Au matin je revis, la lueur perce enfin, j'ouvre les fermetures et pointe le nez dehors. De la glace recouvre en flaque le bas de ma tente et sur les planches aussi, c'était pas seulement de la pluie mais de la grosse neige fondue qui a gelé! Je me retourne et contemple le spectacle magique, j'ai vu sur le lac et les nuages se sont retirés sur les sommets d'en face, j'embarque l'appareil et cours sur la plage. C'est mon cadeau du matin, je suis seul ici, projection privée grandeur nature, le calme du lac, le ronron du torrent caché par le bois, quelques corneilles passent...  Bien heureux d'avoir persévéré et poussé la marche jusqu'à ce campement, le lieu est incroyable.
reveil au milieu de nulle part
ma premiere projection privee, le spectacle des nuages dans la vallee et les pics

la foret automnale des rocheuses
En regardant vers la gauche de l'autre côté de l'embouchure j'aperçois un abris au toit en tôle ondulée. Ouvert à tout vent mais peut être que le lieu est mieux pour camper dans ces conditions. J'irai voir ça tout a l'heure en attendant faut que je lance un feu. J'ai pas mal de prospectus à flamber mais tout le bois est trempé, ca me prends beaucoup de temps je finis par avoir quelques flammes et beaucoup de fumée, tout un échafaudage de bois à sécher autour du feu. Sur les braises je me fais une grosse potée pour le midi. Je referme le couvercle et pars à la découverte du fameux appentis, la marmite sous le bras. Je m'aperçois qu'un chemin qui partait sur la gauche avant le pont est en fait la partie sud du site de plein air. Je déboule dans un véritable camping, la blague! Pancartes d'emplacement, toilettes sèches, balançoires, bref la civilisation! Mais rien d'extraordinaire la plage est recouverte de bois mort. Le lac est à son niveau le plus bas, ça m'a frappé sur la plage que je n'avais pas vu la fois précédente, c'était mi aout. Comme au dessus de naramata l'été a été sec et c'est la fin de l'année, les souches dépassent de l'eau, la plage est grise, ocre, de la terre ou s'amoncèlent les troncs, des allures lunaires. Mais malgré le vent qui souffle les bouleaux arborent encore fièrement leur feuillage doré et égaient ce campement désert. Je dévore mon repas chaud au soleil sur une des table de camping.
ma plage vu depuis la partie sud du site de recreation


les dernieres coupes a blanc



les barrieres de log booms au chomage

un resineux qui perd ses epines




L'heure tourne et le soleil va se coucher d'ici quelques heures. Je retourne à mon campement poser le matos ranger la bouffe pour les bêtes. Même de jour j'ai de la difficulté à retrouver le lieu! Un peu plus tard je grimpe le long de glacier creek, je vais rendre visite à Mick et storm. Des arbres sont tombés en travers, le torrent en contrebas s'efface et ressurgit plus loin, tourbillonant dans la roche, j'approche. Je vois des vaches et un petit taureau shetland tout poilu, une grande chienne genre labrador suivie d'une autre chihuahua déboulent et me japper dessus. Je fais connaissance avec elles et poursuit la route vers la maison de storm. Je l'apercois derrière les carreaux d'une roulotte et lui fais signe. De la fumee s'échappe du conduit, la porte s'ouvre et je retrouve ce petit brin de femme, elle se souvient de moi et m'invite à rentrer au chaud. Elle m'explique qu'elle fait un peu de nettoyage pour peindre et copier les motifs du tipi à son fils. La route de glacier creek est réouverte depuis 1mois seulement. Un gros glissement de terrain en bloquait l'accès pendant l'été. Personne d'autre qu'eux n'habitent sur cette piste et les travaux ont tardé. Du coup ils n'ont pas pu monter le foin a temps pour les chevaux. Ils vont devoir descendre une partie de l'hiver dans la vallée avec le troupeau et camper sous le tipis. Ils l'ont fait y'a 20ans ils devraient pouvoir le refaire cette fois qu'elle me dit!
Mike est parti a la recherche de 7 chevaux plus loin sur duncan road, les autres sont plus haut dans les pâturages d'altitude. Mes souvenirs sont vagues mais il me semblait que Mick pechait le saumon a cote des grizzlis, et, par curiosite je lui demande ce qu'il en est de leur population dans le coin.
Storm ne pars jamais pecher mais Mick ne peche pas le saumon mais d'autres poissons, au nord du lac, a l'embouchure de la riviere duncan. Pour les grizzlis ils n'en voient plus depuis des annees, Storm craint pour ses chevaux car depuis une dizaine d'annees les loups ont pris d'assaut la vallee et se sont multiplies. chaque annee elle pert un a deux chevaux, les loups ont deja pris beaucoup de gibier et ont faim. Elle espere cette annee que ces 7 betes sont indemnes mais compte bien arreter l'elevage, ca lui cause trop de souci. Elle en a croise quelque fois et un male faisait deux fois la taille de sa chienne, des pates grosses comme ses mains. Elles pensent qu'ils empruntent les traces de motoneige pendant l'hiver pour changer de vallee et de terrain de chasse. Mick a aussi retrouve des poils de grizzly dans leur dejection. Une horde a du eloigner un petit de sa mere.
chasser les mauvais esprits
On parle de tant de sujets, l'heure tourne et le soleil se couche, je dis au revoir a mon hote qui me donne une part de gateau pour la route et une courge pour la soupe. Comme prevu j'arrive encore de nuit et me fait la tambouille dans le noir, je decouvre des traces de petites dents dans mon fromage... les ecureuils evidemment. ca m'apprendra a pas planquer ma bouffe mieux que ca. quelques souches sont sechent et m'envoient un peu de chaleur.
Le silence, mais au loin le torrent s'eclate et tourbillonne dans les pierres. ca produit des sonorites changeantes et avec les histoires de storm sur les loups je commence a detourner le bruit comme le festin d'une horde affamee. la paranoia des bois. un environnement familier qu'on a pourtant presque tous oublie, le jour c'est la joie, la beaute des lieux, la nuit c'est l'inconnu la peur de voir ses demons surgir du noir... Sur mon perchoir je trouve rapidement le sommeil bien que le froid arrive. Ce dernier perce mon demi-sommeil je craque un gel de chaleur, un echantillon que j'avais glane a igloo fest a montreal, je lui trouve enfin son utilite. je me rechauffe les extremites et finis ma nuit.

equipe contre le froid, j'aimerais pas non plus me rencontrer la nuit dans les bois
la lueur du jour se montre timidement, un bruit de tronconneuse au loin,  j'ouvre la fermeture, sort et me retourne, de la neige couvre tous les troncs de la plage. tout fou comme un gamin, je vais admirer l'oeuvre de la nature. La neige est presque descendue jusqu'au niveau du lac, la brume neigeuse s'eleve doucement. Au coin d'une souche je decouvre l'origine du bruit matinal, un peux plus loin deux types sont installes a l'embouchure et pechent ils ont du se couper quelques souches. Je fais des signes a un des gars et vais les saluer. Pas tres bavards, ils viennent de nelson pour lever quelques poissons, ca grouille pas des masses ici mais je leur souhaite bonne chance.




Je passe ma journee a faire de l'exercice sur la plage et plus loin sur la route. le temps est maussade mais il s'en tient a de petites pluies. Je m'apercois aussi que ces saloperies de rongeurs ont dechire le filet de ma tente et continue a entamer mes provisions. des petites crottes jonchent la toile de sol, tout ca pendant la nuit bien sur, les temps sont dur et l'hiver approche. Je tire aussi une porte de roulotte qui trainait sur la plage. Elle pese un ane mort mais ell est recouverte d'aluminium, ca me fera un parfait ecran refractaire pour le feu.
Le lendemain c'est le sommum de la neige partout, et le soleil illumine les cretes, j'en reviens pas! le temps se rechauffe un peu et la neige de la canopee goutte sur mon abris pendant la matinee, je galere a me mettre au sec pendant que je cuisine, un comble alors qu'il fait soleil!

depuis mon perchoir










Le soleil commence deja a passer son point culminant, je vais dire au revoir a storm, j'ai decide de lever les voiles le lendemain, pas d'escapades prevues pour voir des nounours, sans vehicule et dans des conditions limites pour mon equipement, c'est l'heure de continuer la route!
Alors que la neige a fondu au niveau de l'eau, je penetre dans un bon cinq centimetres de neige fraiche qui craque sous mes pas. je la croise en montant, elle revient avec son break et trois bottes de foin.On prend un the au chaud et elle rit de mes mesaventures avec les souris, elle me dit que les rongeurs sont les pires ennemis ici, bien avant les loups qui ne s'approchent pas trop des humains. De fil en aiguille j'apprend qu'elle a vecu en nouvelle zelande pendant 12ans! Une de ses bonnes amies kiwi lui a rendu visite il y a quelques annees, elle me donne ses soordonnees, elle et son mari tiennent un ranch dans le northland. Incroyable, j'irai peut etre faire un tour par chez eux!
Avant de quitter les lieux je pars plus haut sur glacier creek remonter vers mcbeth icefield, le sentier que j'avais emprunte avec denis la derniere fois. je m'arrete au dernier pont prend la photo et redescend. Une derniere embrassade a Storm au passage et je reviens encore de nuit, decidement!









Pour ma derniere nuit je me fait une grosse flambee avec du bois que j'avais mis a secher, et surtout un bon aligot pas si pire avec mes patates, le fromage epargne par les rougeur et de l'ail que david m'avait file a powell river! les chaussures qui sechent au coin du feu, chaleur et bon repas, le bonheur ne tient pas a grand chose.
au coin du feu
Un reveil sans pluie ni neige, je pacte et seche tout l'equipement autour du feu, nettoyage des lieux. Je pars pas de bonheur mais j'ai beoin de prendre le temps. Apres mes douze bornes jusqu'a l'asphalte, je me retrouve a Nelson en deux lifts au coucher du soleil!

au revoir galcier creek

loin derriere, le lac duncan

don et caroline de cooper creek

kaslo, flamboyante

john le taciturne

C'etait un court passage dans la montagne, mais vivre les premieres neiges de l'hiver - un melange complexe entre harmonie et combat, le contraste du jour et de la nuit - ce sont des impressions et une experience que je garde en moi.

Parti a la recherche du grizzly, etre inconnu et cache, j'ai simplement retrouve la Nature et c'etait grand.

vendredi 2 novembre 2012

road trip epique

Mardi 16 octobre

La matinee commence avec une petite balade en vélo pour récupérer mes thunes auprès de Pete. Une dizaine de kilomètres vallonnés à sentir le vent frais du matin dans les descentes et à transpirer dans les côtes. J'arrive sur la parcelle ou l'équipe est en train de vendanger. Pete me donne mon chèque cash, c'est sympa car j'ai pas encore mon numéro de sécu de résident permanent. Je parcours les rangs pour embrasser tous les pickers et compagnons de ces derniers jours. Je mets les sousous dans la popoche (hein padre!), remercie Pete et renfourche le vélo. C'est aussi les au revoir avec les filles qui sont de repos à la maison. Un petit pincement au cœur, j'arrache mon sac, boucle la ceinture et referme la porte. Les pieds de retour sur la route, je fais quelques kilomètres jusqu'a la rue principale du village.


Carl, un gars d'Ontario, m'emmène jusqu'au  bord du lac skaha au sud de penticton. Il bosse dans l'installation de compteur d'eau pour les compagnies. Déjà qu'il est pas de la région ça l'aide pas non plus à se faire des copains. Le BC et le Québec sont les deux provinces qui ne disposent pas de compteurs d'eau. C'est un gros débat car si à l'heure actuelle la consommation n'est jamais facturée, est ce que le paiement de chaque litre est le meilleur chemin vers la conscientisation de la valeur de l'eau? J'en doute. Les personnes qui en ont les moyens laisseront toujours le robinet ouvert en se brossant les dents tandis que les revenus les plus modestes se verront juste assenés d'une facture supplémentaire. Cette mesure limitera néanmoins certains excès, la répression au lieu de la prévention. Les mentalités sur le rapport à l'environnement passent encore une fois par l'argent, un peu triste.  Carl aimerait bien prendre la route, enfin la reprendre il a déjà pas mal voyagé et ça lui manque. Un de ces quatre, le temps de refaire un peu d'argent avec ce job, peut être, je l'espère dude!
carl
Je dis au revoir a mon chauffeur et marche le long du lac jusqu'à la sortie de la ville, a contre jour le soleil illumine les couleurs de l'automne, le vent agite les feuilles, il fait bon une grosse chance de partir sous un temps pareil.
skaha lake
John est plombier électricien plaqueur, ... 30ans de service qu'il a inscrit sur sa carte de visite. C'est aussi un cowboy, il a gardé plusieurs troupeaux dans les plaines de la province pour des amis. Il va vers cawston, cette fois ci je descend le lac skaha et la vallée de l'okanagan, il me laisse au connecteur.
john
Le vent se lève et j'enfonce mon chapeau. J'ai pas trop de succès en haut de la cote mais je vois pas d'autres spots pour attraper les voitures. Cliff me fait finalement signe pour embarquer. Je jette mon sac dans son vieux 4x4 a côté de son labrador. Peu bavard il me rend tout simplement service et me dépose en contrebas, à l'entrée du prochain bled, okanagan falls. Je traverse la ville et prend la dernière ligne droite qui longe les monts. Le soleil est encore au dessus de la colline mais l'après midi est bien entamé, bah on ira la ou on ira!
Pourtant bien visible de loin, les voitures ne ralentissent pas des masses. C'est alors qu'une cadillac intérieur pourpre se range sur le bas côté (un peu comme ta caisse pierrot). Une petite grand mère très gentille s'est arrêtée. Elle ne dit mot mais ses deux petits fils dans la trentaine m'invitent à monter. Eli est à l'arrière, j'acquiesce quand il me dit que c'est pas évident d'avoir une ride, la vallée est blindée de retraités qui viennent sécher leurs os pour leur vieux jours. A naramata on blaguait sur les panneaux publicitaires immobilier. A kelowna la grande ville de la région on trouve "A great place to live", un bel endroit pour vivre. Ca devrait plutot etre "A great place to die" un bel endroit pour mourir! La petite famille est autochtone, sûrement okanagan. Ils m'emmènent passé vaseux lake, au pied du rocher en forme de tête de chef autochtone, indianhead. Au pied coule une rivière et j'aperçois des traits rouge. Je descend au bord de l'eau ce sont bien des saumons, des kokanees, il y'a en à des centaines de ce que je peux voir du cours d'eau! Ils sont en fin de parcours, peu bouge a mon approche, ils sont stationnaires, a bout de jus, bientôt la ponte certainement. Clic clac je remonte sur mon perchoir mais je sens pas trop le spot, j'ai l'impression qu'il y a d'autres embranchements un peu plus loin, du coup je marche une petite demi heure pour me retrouver de l'autre bord de la bourgade, en fait la "banlieue" d'Oliver.
les kokanees
Un pickup blanc s'arrête à ma hauteur. Sous ses lunettes de soleil Al me fait signe de mettre les clubs de golf à l'arrière ainsi que mon sac. Pas très causant, une voix caverneuse, j'apprend quand même qu'il est fermier et également maire d'Oliver, la ou il m'emmène. 3 mandats de suite! Il me dépose en centre ville car il a à faire avant qu'un magasin ferme.
Al
Je le remercie et marche une bonne trotte pour m'extirper des trottoirs de la ville. Je reconnais les magasins et des maisons, la même route que j'arpentais trois ans auparavant quand j'allais faire mes courses. Je bossais un peu plus loin chez un certain Bill, à cueillir les cerises. Un proprio à qui j'ai toujours pas rendu le harnais qu'il m'avait prêté. Passé le pseudo centre ville, je découvre tout un tas de grandes surfaces, des feux et d'autres trottoirs, la ville s'est agrandi, c'est fou!
a oliver devant une maison, une pancarte comme si on appelait un taxi, une pensee a mes skydivers

Finalement avant même de me poser, une voiture me dépasse et s'arrête un peu plus loin. Un jeune du coin, darrel. Il va chercher sa copine à osoyoos, la ou je bifurquerai à gauche pour aller dans les kootenays. Il va bientot partir en alberta ou il fait du sale boulot et engrange les ronds en hiver, les fameux sables bitumineux. On parle job dans le coin, et je me retrouve à lui filer le contact de Pete via la colloc de Rodney pour se faire quelques journées de vendanges!
darrel
Ciao darrel bon film d'horreur avec ta copine.
Les derniers rayons s'effacent derrières les collines, la fraîcheur approche doucement mais je suis motivé pour aller un peu plus loin. Je me bricole une pancarte affichant Nels. pour Nelson et arbore mon plus beaux sourire email diamant. Apres une bonne demi heureuse avant que la nuit s'installe, j'ai une prise! Un énorme pickup vrombissant s'arrête, j'ouvre la porte vitre teintée, Jason baisse le son, il va jusqu'à Grand forks, à mi chemin entre osoyoos et Nelson. Let's go!
De l'ordre des ingénieurs mécanicien, Jason gère des équipes de soudeurs pour des gros chantiers gouvernementaux, il habite à Vancouver avec sa copine et bosse en ce moment pour quelques mois à grand forks sur une aciérie. Sa vie c'est l'argent, il en fait beaucoup apparemment et c'est la raison pour laquelle il continue ce boulot. On escalade le flanc est de la vallée, le coucher de soleil est fantastique derrière nous, il éclaire les meules de foin des pâturages vallonnés du plateau sur lequel on file. Les étoiles commencent à pointer le bout du nez. Finalement je salue Jason et me retrouve a l'entrée du pont qui marque la fin du centre ville de grand forks.

Jason
 Sous un lampadaire je tend mon pouce, on sait jamais il fait nuit mais il est pas bien tard. Soudain une fille sort la tête dune voiture côté passager et me lance un "ou est ce que tu vas??" la voiture décélère net et je m'apprête à prendre mes affaires quand la portière s'ouvre. Jesse marche vers moi, elle a l'air un peu désolée mais sincère quand elle m'explique qu'elle peut pas m'offrir de ride mais qu'elle s'est dit que je cherchais peut être un endroit ou passer la nuit. Elle est avec des amis et de la famille chez elle, une de leurs amies est morte d'une overdose les jours précèdents et ils font une veillée en sa mémoire. Elle me demande si je veux venir et que bien que le moment soit difficile ils ont tous envie de faire la fête et communier ensemble en son honneur. Ça m'a l'air complètement fou sorti du bout de ma route j'hesites pas long et bien sur je dis oui. Arrivé chez elle je rencontre ses amis proches, amis d'enfance, les mères de certains sont aussi presentes. Un des gars joue de la guitare et ça chante en chœur des airs connus. Une ambiance festive et triste parfois à la fois et des personnes heureuses d'accueillir un étranger. Ça doit les aider à sortir aussi du contexte de la soirée, je leur raconte des tranches de vie de pouceux. On se découvre et c'est des instants précieux que je partages avec ces parfaits inconnus qui deviennent les amis d'un soir. La nuit est bien avancée, certains partent d'autres parlent encore dans le salon, je m'écrase de sommeil dans une des chambres.


jesse et deux pitres
Au matin, je fais des hugs a mes hôtes qui émergent et je reprend la route avec un nouveau chapeau, j'ai echangé le mien avec celui de Jesse, souvenir de cette soirée sortie de nulle part. Bonne route à tous.

Pas encore très frais, je mets un moment à trouver la bonne route en direction de Nelson. J'attends enfin au soleil. Et un gars s'arrête, Ben a baroudé sur le pouce dans toute la région pendant pas mal d'années, il a eu son permis de conduire sur le tas. Il s'est installé à Christina lake ou on se dirige, il est papa depuis peu et profites de chaque instant avant de rattaquer la saison de ski. Il travaille dans la station pas loin de chez lui.
Ben me laisse au bon endroit pour faire du stop, merci!

Quelques voitures et camions défilent, un type dans la soixantaine me prend en voiture, Nikola, d'origine tchèque. On rentre assez vite dans des discussions passionnantes sur le voyage et sur quoi faire de ses mains. Nikola me parlent de ses années en Amérique du sud, comment il s'est tout fait voler au Mexique et qu'il a quand même continué son voyage sans un sou en poche, à travailler pour manger et continuer le voyage, chichement mais apprenant beaucoup sur lui et les cultures et personnes qu'il a ainsi rencontré.
Nikola se dirige vers une station de ski, rossland, ou il va filer un coup de main à son fils à retaper son nouvel appart. Il me propose de venir l'aider et d'ensuite m'emmener à nelson. Pour une fois que l'occasion se propose de rendre service, c'est oui, bien entendu!
Je passe l'apres midi à abattre des vieilles cloisons, ou plutôt les désosser, ça sent l'humidité dans cet appart bâti en dessous d'un remblais de terre retenu par un mur bétonné. Le drainage est pas au top et tout est à viré sur la parois qu'on dégage à nu. J'accompagne niko a trail, la ville qui jouxte, on fait les magasins de bricolage pour acheter la laine de roche, bâche isolante et des plaques de placo.

Au retour il me laisse en ville avec quelques billets pour que je me fasses un bon repas. Je rentres dans un resto chinois, le ventilateur tourne au plafond, je suis le seul client. Je commande un véritable festin. Pendant que j'avales mes nems, la patronne mange son plat de nouilles avec les baguettes. Je lui souhaites un bon appétit. De ce petit mot tout simple on se questionne à tour de rôle sur nos histoires. Juan (prononcer djouann) est chinoise mais à grandi au Vietnam, c'était la crise en Chine et ses parents comme beaucoup de ses amis ont du émigrer, avec le début de la guerre le gouvernement vietnamien a renvoyé tous les chinois en Chine. A 18ans elle s'est retrouvé à aller en classe avec les tous petits pour apprendre le chinois qu'elle ne savait pas écrire! Elle est venu avec son mari au Canada il y a une vingtaine d'années et s'y plaît, tous ses frères et sœurs sont aux états unis, c'est la seule à être dans une petite ville de montagne. Le temps passe et finalement niko refait surface. Je dis au revoir à Juan et niko comme prévu m'emmène à Nelson.


On arrive de nuit, j'ai expliqué à niko ce que je venais faire ici. Je reconnais le quartier ou habite Tom et fais mes au revoir à ce personnage qui ma appris beaucoup de choses aujourd'hui. Les lampadaires éclairent ici et la les rues en pentes de la petite ville de Nelson. Après quelques minutes je retrouves la maison de tom. Je monte les marches du perron et toque à la porte, j'entends une sorte d'invitation à monter à l'étage. J'ouvre la porte et déboule avec mon gros sac et la mine enfarinée. Tom et bien la avec des amis et j'ai l'air de les déranger en plein beuf de folk. Il se retourne me sourit, je me remet en contexte, il y a 3 ans, les emails récents, ses amis dans la montagne, les grizzlis. Il me répond avec le sourire qu'il est pas disponible la et que c'est pas la peine que je reviennes demain car il part à la chasse très tôt pour plusieurs jours. Il me dit que j'ai qu'a y aller directement voir ses amis dans la montagne. Je lui demandes si je peux planter ma tente dans son jardin ou tout du moins squatter un bout d'herbe pour la nuit, il me dit que non mais que je peux aller sur le terrain de l'église plus bas. Ok tom! Merci pour l'accueil, je l'oublierai pas!
Je redescend les marches un peu sonné de m'etre fait jeter et en même temps je comprend qu'il en a sûrement ras la casquette de faire l'auberge de jeunesse avec tous les gens qu'il doit rencontrer. Bref un peu excessivement expéditif à mon goût, j'en rigole un bon coup et part à la recherche d'un endroit ou crécher. Je savais que le tom etait un drole d'oiseau et à bien y réfléchir c'est du lui tout craché, je lui en veux plus. J'avais pas d'attente sur quoique ce soit si ce n'est un bout de jardin pour la nuit, d'ou ma déception, mais j'aurais simplement du penser à un plan b. Le froid pince il fait nuit et je suis en plein centre ville, j'opte finalement pour l'auberge de jeunesse. Je me souviens qu'il font un mix pour pancake gratuit au petit dej. C'est aussi le lieu pour rencontrer du monde et partager des histoires, des infos, du voyage et du fun! Et accessoirement d'avoir un lit au chaud. Au chaud oui, une bonne bouffe et quelques discussions plus loin, je m'étale dans le plumard.

Je passe la journee du jeudi à me balader et faire des provisions car je me suis décidé demain je pars voir mick et storm dans la forêt, on verra bien ce qui se passera et s'ils sont la! En attendant je prevois tout pour être autonome, bouffe, grosses chaussettes une veste chaude que je peux empiler avec mes autres epaisseurs et un sur pantalon de pluie, ils ont prévu des averses et de la neige, des températures entre 8 et -5. Autant dire que ca va pas etre short et creme solaire, mais j'ai hate!

les boat house pour garer sa voiture sur le bras du lac kootenay

je retrouve les couleurs de l'automne du yukon, la saison m'a rattrapee

le mauvais temps ne fait pas justice au flamboiement des tonalites sur la pellicule. Mais c'est un vrai plaisir de se balader dans ce mini parc, une petite explosion de couleurs dans ce temps bien de saison.







Le soir je vais écouter un concert gratuit au royal, le pub de Nelson ou j'allais déjà lors du précédent trip.je découvre un groupe de folk ragtime, declan o'donovan, un chanteur à la voix éraillée qui entraîne la foule sur son piano. Ses compères à la batterie et contrebasse donnent le rythme. Après le concert j'echange deux trois mots avec les musiciens qui viennent du Yukon! En fait le chanteur est natif de Whitehorse les autres d'ontario, enfin ils habitent tous à Montréal ou ils vont finir leur tournée pour l'haloween au bar grumpys, le même ou j'allais avec l'équipe de volontaires de l'asso de vélo ou je faisais quelques heures chaque semaine. Le monde est petit!

declan o'donovan, un petit apercu ici et la

En sortant du bar, je marche un peu et le frais de la nuit me rappelle que demain je vais dans la forêt.
Dans le bois tu iras, c'est ma messe. À l'instant ou je me dis ces mots, derriere au loin, une cloche sonne. Une fois. Est-ce que j'ai rêvé? Le goût de la blanche et du citron me colle au palais et l'air de la dernière chanson résonne dans ma tête, je monte dans mon lit superposé qui grince et m'enroule dans la couverte.

jeudi 1 novembre 2012

l'auberge du bout du monde

Mercredi 10 octobre

du verger a la maisonee
Rereveil avec l'équipe qui part à la cueillette, Seb est dans le bus vers la cote est, je fais mon sac et dis au revoir a la team de pickers au milieu des rangs. Direction  Naramata, plus au nord de la vallée, aller voir cette canaille de Rodney, un ami rencontré à Montréal via Seb. Il vit dans la vallée et fait la cueillette des fruits, retape dans le batiment, file des coups de main, des coups de pied un peu de tout quoi. Rodney habite à même pas 100km de la ça serait trop bête de pas passer un peu de temps chez lui. Seb m'a aussi dit qu'il construisait une cabane cachée dans les bois, sur les terres de la reine -le crownland- et je serais bien curieux d'aller voir ça. Posé sur la grand route qui traverse les vergers de cawston, un gars du coin Che, qui bosse avec des woofers dans une ferme me dépose à keremeos, un poil plus loin.

Che
Je marche sous le soleil jusqu'à la sortie de la ville et salue deux japonais sur le pouce. Ils prennent un break à l'ombre et cherchent du taff dans la vallée pour les prochains jours. Les cueilleurs commencent a s'internationaliser dans le coin. J'marche vers le bypass et une voiture me klaxonne. Lillian éducatrice première nation, similkameen comme hank, va à penticton. Elle prend sous son aile les jeunes et très jeunes dans des sessions nature. Dans le respect des traditions, ils passent trois semaines dans la montagne pendant l'été, à cueillir des baies pour les plus petits, pêcher pour les 8-12 ans et chasser pour les plus grands, jusqu'à 18ans. S'occuper de la bête, conserver la nourriture, écouter la nature, savoir d'où viennent toutes ces richesses. Un travail formidable malgré le fait qu'il est difficile d'attirer la nouvelle génération branchée a la tv et a l'ordi. Mais quand un jeune fait une prise, alors la les copains sont intéressés et ont envie de faire pareil. À côté de ça elle fait toute sorte d'art au gré de ses envies, poteries, t-shirt, tentures, peinture... Une femme qui paraît très douce quoiqu'elle peut être une main de fer dans un gant de velours! Arrivés en ville elle me depose avec bienveillance sur la route principale qui mène à naramata. Je quitte lilian et reviens un peu sur mes pas, juste prendre une bouteille pour fêter les futures retrouvailles avec Rodney. Du vin de la vallée, de Oliver la ou je cueillais des cerises y'a trois ans!

lillian
Plus haut sur la route, c'est  justement un viticulteur qui m'embarque, Ian, qui tient poplar grove une grosse propriété entre penticton et naramata, on parle des vendanges qui viennent juste de commencer. Ian me demande si je suis venu pour ça, je lui dit que non mais on verra bien, un peu de travail dehors et quelques billets ne font pas de mal. Il me dépose au pied du chemin qui conduit chez Rodney, au nord de naramata, la classe

ian photo ratee
Un trajet illico en stop et me voilà entre les vergers et vignes à marcher sous le soleil de cette vallée aride, y'a pas foule par ici. Je vois une maison qui pourrait être la bonne, il y a du monde dehors en train de prendre l'apéro. Je demande s'ils connaissent un certain Rodney, ils me disent qu'il va rappliquer après le boulot, il a la tête dans le cep. Ils m'invitent à me poser et je fais connaissance avec les collocs et voisins (la prochaine maison est à 100m). Une bande de joyeux lurons, tous saisonniers, en ce moment c'est les pommes et le raisin. Les fauteuils dans le jardin, des rubans qui flottent au vent entre les cerisiers, des poules qui ziguzaguent entre les prunes tombées des arbres, bienvenu dans le petit paradis du bout de la route. Car naramata est le seul et dernier patelin sur cette route qui vient de penticton. Après c'est le bois. Ici pas de station de police, pas de maire, peu de voitures. La communauté s'organise en conseil pour conserver l'harmonie de ce havre.

Une petite voiture se gare, Rodney pointe le bout du nez. La surprise de se revoir, je suis venu à l'improviste! On trinque a son anniv qui était y'a pas si longtemps. Ce soir c'est beuf acoustique au bar. On embarque tous en voiture et on se pose en terrasse, ces messieurs nous donne de la musique à l'accordéon, guitare, violon et banjo. Un gros plaisir je fais un peu plus connaissance avec tout ce petit monde.

Rodney
Rodney est en repos jusqu'à lundi, du coup il en profite les jours suivants pour aller filer un coup de main à ses parents qui habitent plus bas dans la vallée. De mon côté je pars à l'assaut du mont qui s'élève au dessus de la route. Naramata est au bord du lac okanagan, les vergers et vignes sont en pentes. Le temps se couvre a l'ouest et j'assiste à un curieux spectacle dans les nuages, un deuxième soleil apparaît! Une sorte de diffraction de la lumière par je ne sais quel phénomène. La deuxième source disparaît avec les mouvements des nuages.


double sun!
Le terrain est sec mais pas autant qu'a cawston. Il y a plusieurs ruisseaux qui descendent sur ce versant. Les clairières d'herbes jaunes sont cernees de feuillus et coniferes. Je grimpes sur les gros rocs qui depassent pour attrapper les dernières lumières de l'astre

summerland et le gros rocher au ;ilieu a gauche derriere lequel je bossais il y a trois ans

Le lendemain je tente d'atteindre les lacs au sommet du versant. Quelques heures de grimpe assez raide, et je suis au premier lac, en fait une retenue d'eau pour la ville. Bien à sec, c'est un paysage chaotique de troncs décapités, boue séchée qui remplit l'espace. Des empreintes de cervidés parsèment les abords et rajoute un peu de vie à cet environnement apocalyptique. Le deuxième lac est également un lac artificiel. Le temps couvert diminue la luminosité, j'hésite puis me décide à continuer, je vais faire le tour de la montagne, j'aime pas revenir sur mes pas. Après une petite session de course sur la piste de terre, le flair était bon j'atteins chute lake, un lac digne de ce nom, l'automne lui a donné ses feuilles, il commence à se faire tard, j'attaque un petit footing de 10km pour revenir à la casbah. Je suis l'ancienne piste de chemin de fer des mines du secteur. La région à transformé le réseau pour les randonnées, pente douce pour le vélo, marche, randos équestre. Une pensée à tommy mon ancien coach d'athlé sans qui je serai revenu à la frontale!

le ruisseau que je remonte depuis chez rodney
chute lake

Ce soir c'est shooting poker à la maison. Les flingues a pétards ne font pas de quartier!

Et samedi matin, je me réveille dans la bibliothèque dont je squatte un bout de moquette, je me frotte les yeux, ça y'est on est le 13 octobre j'ai 29berges! Quel changement! ça doit être la connerie qui sort comme dirait mon père...
Pour fêter ça j'attends pas qu'on me serve un gâteau tout cuit, je me lance dans de la tarte aux prunes! Et alix une colloc en fait une autre à sa sauce et rajoute une tarte au sucre, en bonne québécoise! Un ami de passage envoi le compte exact d'allumettes et j'ai droit à un soufflage de bougies en règle, c'est grand! J'ai une grosse pensée à toutes et tous mes contributeurs de ma petite machine qui me permet de communiquer mon quotidien. Merci mille fois pour ce beau cadeau qui est toujours dans ma poche. Une pensée aussi à tous les amis qui m'avaient offert la première du nom, perdue je ne sais ou et je l'espère dans les mains de quelqu'un qui en fait bon usage. Et surtout une pensée à tous ceux que j'aime!
On lève nos verres et on passe a l'attaque des tartes, miam!

ici c'est un peu l'anniversaire tous les jours, on se fait plaisir (photo grace a l'ipod les amis!)
Le dimanche le temps se gâte et dame nature reçoit enfin sa ration de pluie. Du coup pas de visite de la cabane au fond des bois, et Rodney rattaque le boulot le lendemain. Flûte! Faudra que je revienne! Le soir approche et je suis pas décidé à partir, je demande à dorian si il y aurait pas une petite place pour aller vendanger lundi. En deux minutes c'est plié, yes! Je dis pas non contre un petit billet...
La tête dans le cep, je passe ma journée de lundi comme dans le beaujolais, des rangs assez bas quoique plus beaux, on effeuille et en route pour du picking de pinot noir, du foch (du rouge, un croisement tout droit sorti du laboratoire de summerland) et du riesling. Le tout melangé dans la même parcelle! Sans parler des quelques pieds farfelus qui se cachent dans les rangs. Ici pas de sceau, on remplit des cageots et Pete, le gerant de la recolte conduit le tracteur de vigne pour trimballer les différentes cuves.

le lopin de vigne du lundi


Un bon huit heures et quelques courbatures plus tard, on rentre à la maison ou cette fois ci c'est Renée - une des collocs de retour de vancouver - qui a fait le repas une soupe et une pizza sur polenta, génial! On manque jamais de bonne bière non plus grâce à eléonore qui travaille à la micro brasserie de penticton.
Après plusieurs journées dans cette taverne du bonheur, à cuisiner ensemble, aller faire les puces, refaire le monde, jouer en société (dedicace julie je leur ai appris le cactus!) écouter des vieux vinyles et ecouter des musicos remplir l'air de mélodies folk, travailler dans les mêmes rangs, je me suis dit qu'il fallait bien que j'arrête de squatter et  que je laisse la place à d'autres! Toutes les bonnes choses ont une fin et l'appel de la forêt se fait plus pressant avec la météo qui se dégrade. Mon pouce va se tourner du côté des kootenays, une chaîne de montagnes au sud des rocheuses. C'est la bas qu'il y a trois ans j'ai rencontré tom à Nelson qui m'a présenté mick et storm, un vieux couple qui vit dans la montagne avec beaucoup de simplicité, sans électricité. C'est ma destination mystère, la ou j'ai retenu que fin septembre début octobre mick va pêcher des saumons, la canne a pêche d'une main et de l'autre la carabine, car à côté de lui d'autres êtres sont intéressés par les poissons fatigués de leur périple, les rois de ce territoire sauvage, les grizzlis...